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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

24 novembre 2007 6 24 /11 /novembre /2007 10:00

Je vous le promets, cet article est le dernier de cette série de faces B du Golb…C’est pas ma faute non plus si Thom, au top de sa forme, a mêlé articles de qualité et défis un peu cons à mon encontre… Le lancement de ce défi est dans les commentaires de l'article en lien... Vous verrez bien que c'est pas ma faute. Mais c’est de ma faute si je les ai tous relevés avec un plaisir non feint.

 

Nous allons nous pencher sur ce simulacre de parade nuptiale extraordinairement développé sous nos latitudes : le slow. Oui, le slow est une chose qui nous marque, pour toutes les filles que ca nous a permis d’embarquer, toutes les bières qu’on regrette d’être allé chercher pendant la série de slow juste avant de s’apercevoir que la fille pour laquelle on a été en chercher une est en train de danser enlacée dans les bras d’un bellâtre apparu de nulle part, sinon du tréfonds de vos peurs intestines. Oui cet article sera lyrique.

 
 SLOW.jpg
 

Mais je dois d’abord corriger une chose. On ne danse pas un slow. C’est pas parce qu’il y a de la musique en fond et qu’on essaye de faire semblant d’en suivre le rythme qu’on danse. La preuve : il est possible de prendre des cours de salsa, de samba, de rock… mais pas de cours de slow. En quo consiste le slow ? Prenez dans vos bras votre partenaire, et balancez vous d’un pied sur l’autre, comme les gens qui ont envie de pisser dans les dessins animés. Certes, ma comparaison n’est que peu romantique. Mais le slow est, en soi, un système de séduction tellement codifié, mécanisé, qu’il n’a rien de romantique. Madame met ses bras croisés autour de l’encolure de monsieur. Monsieur place ses mains au niveau des hanches de madame. L’éloignement et la position des mains de monsieur indiquent l’avancement de cette conquête silencieuse. Sur les hanches, puis les mains se rejoignent dans le dos, peuvent descendre, voir même se réfugier dans les poches arrière de madame en cas d’éthylisme avancé. Attention, cette action peut être suivie d’une multitude de réactions assez négatives, allant du « S’il te plait » gentil, mais péremptoire, à, directement, la claque en public. Enfin, quoi qu’il en soit, ce simulacre d’accouplement vertical et habillé permet, par plusieurs étapes, de savoir « à quoi s’en tenir » avec l’autre.

 

L’approche : « Tu danses ? » ou une main tendue, ou un rapt au milieu d’un groupe de filles. Le refus fait mal (Je garde le sac à ma copine) et fait qu’on va se la coller tranquille au bar.

 

La mise en place : la distance imposée entre les 2 corps (avant bras, abdos ou distance nulle) est une première indication de la possible animosité régnant entre nos deux protagonistes.

 

L’évolution de la situation : Les mouvements de mains, les caresses furtives, les mots doux chuchotés au creux de l’oreille… Les mains au cul les mouvements de bassin suggestifs. Chacun de vos gestes au cours de la « danse » indique quelque chose. De plus, c’est un moment privilégié : du fait que vous parlez directement dans l’oreille de votre partenaire, elle ne sent pas les délicats relents de houblon accompagnant votre discours.

 

Dernière étape, que nous appellerons « La tentative » (facultative) : elle marque de toute façon le FIN du slow. En cas d’échec, il est fort possible que les 2 se séparent, que l’un se rende au bar, que l’autre retourne voir ces copines… (Oui, c’est cliché, mais c’est vrai). En cas de réussite, les 2 ne « dansent «  plus pour une raison simple : ils se tapent complètement de la musique de son rythme ou tout ça. Ils partiront bras dessus bras dessous faire leurs cochonneries ailleurs dès la fin de la musique.

 
 
 

Slow-5.jpgMais bon, cette chronique socio- intellectuallo- jmenfoutiste n’aurait rien à faire ici, si on ne posait pas derrière la vraie question : qu’est qu’un slow du point de vue musical ? Il y a des gens qui font, musicalement, de la samba, de la house, du Rock. Mais aucun groupe qui joue du slow. Quels critères peuvent donc alors définir le slow, quelle musique peut accompagner cet instant privilégié entre deux êtres humains ?

 

Finalement pour comprendre ce phénomène (j’adore cette expression, j’ai l’impression d’être journaliste à Zone interdite), penchons nous sur ces slows qui nous ont marqué : Stairway to Heaven, Still Loving You, Nothing Else Matters, Under the Bridge, Hotel California, With or Without you, la B.O. de Bodyguard, et j’en passe !

 

Le slow, musicalement, a forcément un tempo lent. Et ce pour deux raisons. Je vous rappelle qu’un slow se pratique en déportant le poids du corps d’une jambe sur l’autre. Or si on veut suivre le tempo et qu’il est trop rapide, deux choses : ca commence à ressembler un peu trop à un pogo, et les gens portant une prothèse à la hanche ne peuvent pas danser.

 

Le slow est anglo-saxon. Enfin, le « grand slow ». Bien sur, en France, on a bien eu Pour que tu m’aimes encore (C.Dion), Que tu reviennes (P. Fiori), certains titres de Goldman… Pourquoi on ne fait pas de grand slow avec de la musique française ? Parce que le slow n’est pas fait pour qu’on se focalise sur les paroles. Ce n’est pas le but. Donc, les paroles sont soit en anglais, soit c’est pas vraiment un slow… Le second problème du slow en français, particulièrement flagrant pour Que tu reviennes dans la liste précédente, c’est qu’il fait rire. Et cela peut s’avérer gênant.


 

L’autre avantage du slow anglo-saxon en France est qu’on ne comprend pas les paroles, tout simplement. Ce qui permet de danser sur n’importe quoi. Mais romantiquement. Under the bridge  parle de l’amour d’une ville et du décès d’Hillel Slovak, leur ancien guitariste. Stairway to Heaven mob48-1186327044.jpgraconte l’histoire d’une jeune droguée allant chercher sa dose. Hotel California  décrit une église reconvertie en bordel. Hey Jude n’est pas destiné à une jeune fille, mais au fils de Lennon, Julian… Mais on se berce d’une illusion de romantisme quant à ces titres…

 

Deux slows m’ont particulièrement plu. Sauf la première fois que j’ai dansé dessus, parce que je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Il y a un passage, dans I will always love you, où la musique se coupe. Totalement. Pour faire croire que c’est fini, avant de redémarrer de plus belle. Le gros problème, c’est que ça marche. Et la fille se tire, parce que bon, c’était pas la bonne, elle a accepté pour te faire plaisir. L’idéal alors est de trouver un autre couple qui vient de se séparer (aussi lamentablement que le tien) pour échanger de partenaires. (C’est comme ça, qu’à 14 ans, on découvre de façon détournée l’échangisme. Le boom de cette pratique chez les trentenaires est purement la faute de Whitney Houston). L’autre, c’est Stairway to Heaven : mondialement célèbre, ce titre s’achève dans une explosion de puissance de Robert Plant, Jimmy Page et consorts. Et là… tout s’arrête un instant sur la piste de danse : que faire ? Continuer le slow, parce que merde, j’avais 9 minutes pour serrer, je vais pas laisser passer l’occasion parce que ces cons là ont besoin de s’énerver pendant les 2 dernières…

 
 
 

Les slows (parce qu’ils vont par groupe de 3 normalement, ce qui fait en gros un quart d’heure), sont un moment privilégié pendant la soirée. Les séducteurs sont à l’affut, à la recherche, soit d’une proie au hasard (on les nomme alors crevards), soit de la fille précise qu’ils ont en tête. Ceux qui n’ont pas envie (ou ceux qui récupèrent d’un précédent pogo) ou ceux qui sont la pour se la mettre, sont au bar. Celui qui peut être le plus frustré au final, c’est celui qui s’occupe de la sono, qui ne peut pas aller danser. Ou alors quant il arrive toutes les « bonnes filles » (à ne pas confondre avec les « filles bonnes ») sont prises.

 
 
 

Enfin, d’un point de vue strictement technico-musical, le bon slow dispose d’un instant précis, limite magique, une explosion (par forcément finale mais souvent quand même) qui hérisse le poil : le chœur des enfants dans Under the Bridge, l’ « aveu », still Loving you, dans le morceau du même nom, le début des « nanana » dans Hey Jude, les solos de Hotel California et Stairway to heaven… Ce passage, a, d’un point de vue hormonal, un effet surprenant. Proche d’un délire schizo (certainement entretenu par le tournis que procure cette pratique), le mâle commence à entendre des voix lui susurrant des phrases telles que vas-y, c’est le moment ou jamais, lance toi, tes potes te regardent, motive toi… Le reste appartient à l’histoire personnelle de tout un chacun. Et se solde, soit par un bon souvenir soit par une douleur sur le côté gauche du visage. Les deux pouvant se solder par une consultation chez un médecin, mais là c’est vraiment que le cours de la soirée vous a échappé.

waynesworldnostairwayku0.jpg

 
 No Stairway? C'est Dingue! (Oui, je connais ce film par coeur, oui.)
 

Enfin, notons un dernier effet. Tempo lent. Arpèges de guitare le plus souvent… La conséquence est que, si l’on ajoute cela à de bons souvenirs, les premiers morceaux que tentera n’importe quel guitariste débutant (après Come as you are et Jeux interdits évidement) sont Nothing Else matters et Stairway to Heaven. Souvenez vous, Wayne’s World. Bon, y a aussi House of Rising Sun, mais on la joue de moins en moins souvent en soirée celle là.

 
 
 

Bon, sur ce, je vous abandonne. En musique. Deux vidéos. La première, pour les lovers, les vrais, les accros du slow, de l’échange de salive endiablé rythmé par le jeu de guitare de n’importe quel cheveu dégingandé. Comme, NO STAIRWAY, je vous laisse avec mon petit favori.

 
 

 

 

Cette seconde vidéo, c’est pour ceux qui dansent seuls avec leur bière au comptoir du bar, et qui en souffre. Un autre grand chevelu dégingandé pour cela. (S'il vous plait pas de commmentaires là dessus, c'est venu instinctivement )

 
 

 

 
 
 

Oui, parfois, le Rock – critic est amoureux. Ou se prend un gros râteau. Dans les deux cas… ça l’énerve. Pas assez Rock n’ Roll.

 

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Published by Guic ' the old - dans Le Rock-Critic est un con
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commentaires

Idothée 06/05/2008 16:30

Je m'insurge en faux (ça se dit pas ça je crois ? mais baste . . .)Complètement assurée que mon prof de danse ne lira jamais ces lignes, j'affirme : oui, le slow ça se danse.Je ne le danse plus, ben oui, dans les soirées pratiques on danse le rock, le tango, le paso, la salsa,  la rumba, la bachata j'en passe et des meilleurs mais pas le slow.A la limite, si on crevé on va prendre une bière ou attend un rock lent.Mais je me souviens : Un type qui ne danse pas le slow, qui ne respecte pas la règle des temps déterminés par la musique, n'emballera jamais personne. Un slow mal dansé à contre-temps, pose un problème ,dans tous les cas, le slow canard décallé et c foutu. On ne se balance pas d'un pied sur l'autre (ha mais ! )Emballer en dansant demande beaucoup de technique, très dur, houla. . .La moindre faute de rythme et c'est le désaccord. Donc, il est largement préférable, soit de préférer le bavardage, soit de prendre des cours. Ou alors être fou amoureux, alors là, on peut danser comme un pied, c'est permis.

Guic' the old 06/05/2008 09:11

En même temps c'est aussi parce que c'étai il y a pas si longtemps que ça pour moi tu sais...

arbobo 05/05/2008 17:09

puinaise il m'avait échappé celui-ci !j'adore :-)et tu fais un parfait anthropologue des poussées d'hormones adolescentes ^^

Chtif 03/12/2007 00:48

bien vu le coup de l'échangisme précoce, Guicj'ai fumé deux clopes et picolé de la vodka pendant la lecture de ton article... en guise de soutien à tous les piliers de bar refoulés.

Guic' the old 25/11/2007 19:48

Livrovore --> Ca, ca ne depend que de la volonté des gens présents à la sono... Ou de la capacité des participants à la soirée à les convaincre!Mais bizarrement.... C'est moins fréquent en effet. Surement qu'aucun slow "de qualité" n'est sorti depuis un certain temps ...