La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie
dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.
***
De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...
En 2005 / 2006, mon magazine de chevet Rock & Folk a fait sa une, pour la première fois, sur un groupe de gamins parisiens nommés
les Naast, et ce après nous avoir saoulés comme pas permis pendant des mois avant.
On a appelé ça les « babys rockers ». Et quand l’album est sorti, la réaction majoritaire fut… « Tout ça pour
ça ? ». Depuis, le mouvement s’est essoufflé, sans pour autant s’éteindre forcément, mais personne n’a oublié. Moi le premier. C’est entra autres à cause de cela que, depuis
maintenant 5 ans, je suis à peu près aussi disposé à dire du bien d’un groupe français jouant au Gibus qu’un militant de Greenpeace ne l’est à parler positivement du nucléaire.
Que voulez vous, on a vécu les Tchernobyls qu’on peut1.
Cela dit. Mon esprit scientifique et mon gout pour l’investigation étant ce qu’ils sont, je m’en suis quand même bouffé pas mal de
ces albums de ces groupes : Naast, BB Brunes, Plasticines, Second Sex, Shades… Et, il faut l’avouer, des fois, ce n’était pas forcément dégueu, j’ai eu quelques bonnes surprises au
détour d’un album ou d’une chanson. Certains vont dire que j’ai cherché sciemment à me faire du mal, mais vous n’imaginez pas ce que c’est d’être à la fois de mauvaise foi, paranoïaque, et
pourvu d’un sens moral. Je me sens obligé de connaitre pour critiquer, de peur que, si j’ai le malheur de pourrir un truc que je ne connais pas vraiment, on me la joue : « Ok, ben dans
ce cas, c’est quel morceau que tu aimes le moins ? » et que moi, évidement, comme avant j’ai cherché à faire mon malin, je suis infoutu de sortir ne serait-ce qu’un seul titre, et là,
non seul je me sens con mais mon escroquerie est révélée à la face du monde.
D’où cette tendance à appliquer à la lettre le précepte maternel qui veut qu’on goûte avant de dire qu’on n’aime pas.
Cela dit, personne n’est parfait, et malgré tous mes efforts pour tout
passer au crible, certains ont réussi à échapper à ma vigilance. Donc j’étais passé à côté du fameux groupe qui me ferait changer d’avis sur la meute quand on m’a parlé des Parisians, à grands
renforts de « non mais eux c’est pas pareil, ils chantent en anglais, en plus ils sont plus vieux, franchement c’est juste trop bien genre génial. » Le genre d’argumentation, qui,
évidement, est à même de me faire plier direct. Heureusement que je n’aime pas l’idée de laisser le doute s’immiscer : il fallait que je vérifie.
Qu’ils soient plus vieux, je veux bien y croire, mais c’est une grosse galère que de trouver des infos sur ça sur le Net. Qu’ils
chantent en anglais, pas de problème, ça s’entend… Sont-ils meilleurs ? La question se pose.
Parce que comme ça, au débotté, j’aurais tendance à dire que oui, ils sont quand même meilleurs que la grande majorité des groupes
avec lesquels ils ont partagé la scène du Gibus et le tracklisting des compilations « Paris Calling ». Mais c’est très certainement parce que, à mes yeux, ils ne jouent pas
forcément dans la même court – parce qu’ils chantent en anglais, certes, mais pas que : on peut considérer le chant en anglais comme tenant plus du symptôme que de la cause première.
C’est là qu’intervient leur âge. Ils doivent être un peu plus vieux que les autres, parce que leurs influences sont 1. Plus
anciennes, 2. Mieux digérées – quoique.
Vous aurez remarqué déjà que je passe presque tout cet article à modérer mes compliments : ce n’est pas que parce que je suis
incapable de faire un compliment direct, c’est juste que mon avis est mitigé. L’exemple type : par moment, et c’est super réjouissant, ce groupe sonne comme les Dogs. C’est quand même
génial, bordel, qu’un groupe de rock français montre dans un de ses morceaux qu’il a comme inspiration un groupe de rock français qui ne soit pas Noir Désir. Franchement, les Dogs ont commencé il
y a 30 ans, tout le monde s’accorde (à quelques pinailleurs près) à dire que c’était un putain de grand groupe, mais pourtant, on a l’impression qu’aucun groupe français en activité ne les a
jamais écoutés, coincés qu’ils sont entre des influences directement anglo-saxonnes ou celle de la vague « alterno » 80’s et de ses conséquences. Sauf que là où ça pêche, c’est qu’on a
vraiment l’impression d’écouter les Dogs sur ces morceaux, avec un degré de mimétisme à la limite de l’angoissant (« Just like », je l’avais déjà entendue avant, sauf qu’elle
s’appelait « M.A.U.R.E.E.N. » si vous voulez – enfin, c’est surtout sur l’intro que c’est flagrant), ce qui laisse un arrière gout pas désagréable, mais un peu trop
prononcé.
Le revers positif de la médaille étant que, justement, avec ces résurgences dogsiennes, les Parisians ramènent dans le paysage rock
français un truc qui faisait cruellement défaut : une forme de distinction et surtout de romantisme raffiné qui n’était que trop rare depuis quelques temps. Si l’on prend comme exemple les
leaders de la vague, les BB Brunes, on réalise que, malgré l’efficacité pop directe de leur morceaux, ils sont, d’un point de vue « sujet », le cul coincé entre deux chaises : d’un
côté une niaiserie sans fond, de l’autre une gravellerie trop directe pour être sincère. Pas étonnant, après ça, que leurs meilleurs morceaux soient ceux qui parlent de trainer avec ses
potes.
Alors que chez les Parisians, on trouve des mélodies et des textes qui parviennent à évoquer la gente féminine avec tendresse, mais
sans être complètement cul-cul. La seconde partie de « Kiss your smile », par exemple, entre à part entière dans le cadre de « ces chansons qui donnent envie de
tomber amoureux »
Mais la grande majorité de l’album est empli d’une pop musclée qui n’est pas sans rappeler les morceaux les plus posés des Queens of
the Stone Age (sans la force de frappe, malheureusement – Hips n’ Lips, c’est carrément ce genre de morceau), qui reste agréable, malgré une seconde guitare qui prend un malin plaisir à égrainer
sans interruption le même riff d’un bout à l’autre du morceau, et généralement vient , bizarrement, plomber l’ambiance d’ensemble du morceau (comprendre par là l’attrister, pas le foutre en
l’air – sauf pour moi : au début j’adore le morceau parce qu’il envoie du lourd, puis arrive cette guitare aigrelette, et au bout d’un moment je focalise que sur elle et ça me fout le truc
en l’air. Le pire c’est que j’avais jamais vraiment réalisé avant à quel point ce tic de composition me gonfle.) De façon évidente, ce sont les morceaux où ce gimmick est absent qui me plaisent
le plus : The Way you got me, Next Round is on me…
En plus, je sais pas, j'ai moins envie de leur coller des tartes qu'aux
autres...Mais c'est peut-être parce qu'il y en a un qui ressemble à Dave Grohl - vite fait.
La ballade de rigueur « Difficult Times » ne réclame aucun commentaire.
Le final, « Stop the movement », est presque un cas d’école : j’ai beau ne jamais avoir vu le groupe
sur scène, je suis certain que c’est avec ce morceau qu’il conclut son set principal. Effectivement, morceau standard, puis break (accessoirement : break qui n’est ni plus ni moins qu’un
bout de celui de Keith Moon dans « Won’t Get fooled again »), puis démarrage en semi-jam heavy hypnotique dont on ne cherchera pas trop loin par qui elle a été inspirée. On
entendrait presque les lumières s’éteindre à la fin du morceau, et de toute façon le titre du morceau annonçait la couleur.
Alors au final, oui, cet album rappelle plein de trucs divers, et ne brille pas forcément par son originalité. Mais au final, il ne
fait que révéler un paradoxe qu’on se traîne depuis un bout de temps : le rock français actuel étant devenu ultra référencé, on se retrouve presque à se réjouir quand un groupe ne brillant
pas par son originalité va pomper dans des références qu’on n’entend pas 600 fois par numéro de Rock & Folk. Au final, reste un album bizarrement rafraîchissant, bien pêchu, très agréable,
qu’on ne va pas se passer en boucle une fois cette chronique publiée, certes (ce n’est d’ailleurs le cas que de très peu d’album et de chroniques, soyons sérieux), mais qu’on ressortira avec
plaisir de l’étagère pour se le repasser un petit coup à la faveur d’un jour d’été, et qui mériterait donc, par cette caractéristique, de venir se coincer entre le premier Fratellis et le premier
Dirty Pretty Things quand on fera une nouvelle sélection pour remplir le lecteur mp3 à la nouvelle saison. Et aussi, suffisamment convaincant pour donner envie de se pencher sur l’EP qu’ils ont
sorti il y a 6 mois.
Enfin… Cet album vient de réussir à me faire gratter trois pages, et à me faire retrouver inspiration et motivation perdues ces
dernies temps, c’est pour moi une raison suffisante de lui offrir un tour de platine supplémentaire.
(Le choix du morceau s'est juste fait sur "tiens, c'est pas une vidéo captée à l'arrache sur un téléphone en concert", donc c'est vraiment pas le morceau que j'aurais choisi... Si j'avais
vraiment eu le choix. Mais j'aime bien le petit côté "je danse le Mia" du clip)
1 A ceci près qu’en fait, les Naast c’est à peu près l’inverse total de Tchernobyl : on en a parlé beaucoup plus que
nécessaire et c’était pas vraiment grave.
Il serait faux de dire qu’on parle là d’un groupe méconnu. Bien au contraire, c’est d’ailleurs ce qui est
surement le plus dommage. Toute personne ayant un peu chercher à creuser dans l’histoire du Rock n’ Roll pour obtenir la réponse à certaines questions (en tête desquelles « Pourquoi Rod
Stewart ? » et « Pourquoi Peter Frampton ? ») sera tombé sur le nom des Small Faces. Mais bizarrement, c’est un groupe qu’on ne cite pas plus osuvent que cela.
A la question « Beatles ou Stones ? », il y aura bien souvent un qui se croira malin en répondant Kinks, ou Who. Mais
il faudrait vraiment être un sacré peigne-cul pour aller répondre « Small faces ». Poutant, on aurait tort de sous-estimer ce groupe. En effet, la discographie des Small Faces contient
un certain nombre de pépites et pas des moindres. En particulier cet album assez fascinant qu’est « Ogden ‘s Nut Gone Flake »
C’est un disque un peu particulier, celui où le groupe mod par excellence, qui s’est fait connaître par des hymnes frekbeat
démentiels (« Whatcha gonna do about it ? » ou le toujours aussi fabuleux « Here comes the Nice » (quelle chanson !)) prend la tangente vers le psyché tout juste
né.
La face A, outre un instrumental d’ouverture ultra planant, reste assez classique, est un enchaînement assez classique de titres dont
aucun n’est à jeter, tous dans une sorte d’ambiance bon enfant, des titres mignons assez… mignons et trippants. Je défie quiconque appréciant la pop 60’s de résister à un « Lazy
Sunday », ou à un « Afterglow » sur lequel l’orgue fait des merveilles..
On retrouve donc assez bien l’esprit du groupe d’origine, même s’il s’offre le luxe de quelques orchestrations un peu plus
complexes.
La face B, elle, s’offre le luxe d’un opéra-rock. En version réduite, mais quand même. Quand un groupe principalement connu pour ses
singles tubesques décide de commettre l’hybris rock n’ roll de la fin des 60’s (après, dans les 70’s, ce sera les guitares à plusieurs manches), on ne s’attend pas forcément à une réussite.
De toutes façons, l’expérience le prouve : quand un groupe décide de faire un opéra-rock, c’est généralement qu’il n’y a plus grand-chose à en attendre.
Pour le « scénario », on ne s’étendra pas dessus, sinon pour dire que, si on me forçait à le noter, je dirais qu’il est
plus crétin / drogué que Tommy, mais moins que The Lamb lies down on Broadway. (Je sais, dur de trouver échelle plus grande.)
Paul Weller et Paul McCartney se sont cachés dans cette image, les retrouveras-tu?
Reste que cette face B, qui fait assez penser aux Who de « Sell out » (l’ouverture d’Happiness Sam fait irrémédiablement
penser à Silas Stingy, les interruptions du narrateur aux jingles – sauf que là, ça gâcherai plus qu’autre chose…), vaut le détour. Je suis le premier surpris de dire ça, mais, débarrassé de la
necessité d’écrire des chansons – ou du moins d’en écrire des susceptibles de sortir en single- les Small Faces se libèrent, et s’offrent le luxe du psyché teinté de freakbeat et de soul. Sur
Rollin’ Over (fabuleux morceau présageant déjà du virage qui sera pris par les Faces – on jurerai Miss Judy’s Farm au début), on se dit que Steve Marriott n’a jamais aussi bien chanté a
part peut-être sur la face A, on s’offre un gros triop à l’acide sur « The Journey », on vocode la voix avec du Farsifa, et on obtient une face entière magnifique et bizarrement peu
connue. Ca dure six titres, ce n’est bizarrement pas très chiant… mais pas très original non plus ( à peu près tout avait été déjà fait quelques…6 mois auparavant, par d’autres – mais je
n’ai pas dit « mieux » parce que c’est faux)
Alors on pourrait qualifier un peu vite les Small Faces d’habiles faiseurs, mais ce serait un peu rapide. On a surtout un album
quasiment parfait, sur lequel les deux faces font sens, qui est là pour nous rappeler que Immediate n’était pas le moindre des labels, que les Small Faces étaient ftranchement impressionants sur
album aussi, et que c’est mesquin de leur en vouloir pour les conséquences négatives qu’ils ont pu avoir sur la musiqeu moderne (ils ne sont pas responsables directement de « Baby I
love your way », ni de « Baby Jane ».)
Vraiment, un album à réécouter. Dommage, juste que ce narrateur vienne tout gâcher entre les morceaux.
Note : pour ceux qui ne seraient pas au courant – sait-on jamais. En 1969, Steve Marriott quitte les Small Faces. Il montera par
la suite Humble Pie avec Peter Frampton, guitariste chanteur coupable de « Frampton comes alive », l’album n°1 dans tous les bacs à soldes du monde, parce que tout le monde l’a déjà et
que plus personne ne le veux. Les trois autres membres des Small Faces recruteront au chant Rod Steward, le Johnny Halliday anglais (comprendre par là : très bon interprète, mais son
répertoire propre est assez déplorable à partir de 1975)
Des fois, la déprime pointe son nez dans l’horizon morne que contemple le Rock-Addict. Et, tout Rock-Addict qu’il est, il a du mal à
trouver comment s’en sortir. En conséquence, il décide généralement de noyer son mal-être dans l’alcool, les clopes, et la musique. Mais au bout d’un moment, l’argent venant à manquer et le
cliché Bukowskien devenant trop lourd, il en est réduit à ne se satisfaire que de la musique pour passer outre ces moments de déprime.
Allez, les amis, composons ensemble une compilation de déprime idéale. L’idée première est la suivante : commencer par une phase
descendant, une face A dont le but est de descendre encore et toujours dans les tréfonds du chagrin et de la souffrance, dans cette sorte de masochisme forcené qui consiste à écouter des morceaux
plombants quand on a déjà pas le moral.
Et évidement, la face B, c’est celle qui consiste à remonter. A petit à petit, partir de ce point bas pour rehausser peu à peu les
indicateurs de moral, redonner un peu de sourire, afin de pouvoir conclure sur (l’illusion de) la félicité retrouvée.
Alors attaquons par la face A, celle qui fait bien morfler. Je la fais simple, abvec une logique de 5 morceaux par face, ce qui me
rapprochera, en termes de réflexions, de mes habituels top 5.
1. The Killing Moon – Echo & theBunnymen.
J’ai peur de na jamais avoir véritablement saisi le sens de cette chanson, certes. Mais il y a dedans une telle mélancolie, une
telle tristesse en fond… Et un abandon dans la voixde McCulloch, en particulier sur la fin du morceau, où on sent qu’il lache vraiment prise, qu’il laisse tomber le peu de hargne et de motivation
qui lui restait.
Too late to beg you or cancel it, Though I know it must be the killing time, Unwillingly mine…
2. I know it’s over – The Smiths.
Passé l’erreur involontaire mais chère de conséquences de la chanson précédente, arrive l’auto-apitoiement et surtout,
l’autodestruction rhétorique, cette tendance à se haïr, à s’agonir d’injures soi-même, à se réduire à moins que rien.
tonight is just like any other night That's why you're on your own tonight…
3. The River – Bruce Springsteen
Vient maintenant l’heure (l’heurt) de la nostalgie, du temps béni ou tout allait mieux, à commencer par soi – même, avant qu’on ne
perde tout, à commencer par sa confiance en soi, les choses qui nous sont chères, et le moral – fatalement.
Now those memories come back to haunt me They haunt me like a curse Is a dream a lie if it don't come true Or is it something
worse
4. Tear – The Smashing Pumpkins
Allez, achevons nous dans la joie et la bonne humeur. Cette chanson m’a toujours fascinée pour une raison un peu absurde : Le
son produit par les cordes et la batterie, enfin… la musique, quoi, juste avant ce qui peut faire office de refrain dans cette chanson, m’a toujours fait l’effet de vouloir donner l’idée du bruit
que peut faire le ciel quand il tombe, se fend, et éclate en larmes de feu sur nos têtes insouciantes.
Bon, je fais un peu dans le lyrisme abusif, mais ce passage me fait toujours l’effet d’un échantillon sonore de l’apocalypse.
where is your heart? where is your heart gone to? tear me apart…
5. Let Down – Radiohead.
Nous y voila. A l’heure de la transition , le bas de la pente, l’endroit où il nous faut acquérir suffisamment d’élan pour espérer
pouvoir remonter. Evidement, c’est à cette chanson de faire la transition : Particulièrement plombante, mais pleine d’espoir dans les derniers vers… Bientôt le moment d’attaquer la montée.
Courage, reprends espoir.
you know where you are with floor collapses floating bouncing back and one daaaaaaaaaaaayyyyy I am gonna grow
wings
Maintenant, nous viola à la croisée des chemins. C’est l’heure de s’harnacher (s’acharner ?) pour se préparer pour la
montée.
Mais, ça, on verra plus tard. (Parce que pour l’instant j’ai que 3 titres en tête)
Il va de soi que si, à votre tour, vous voulez proposer vos 5 titres pour votre phase / face A personelle, vous y êtes bien évidement
invités.
Respirer un grand coup et se dire que non, ce n'est pas
important, parce que de toutes façons cela ne restera pas gravé dans le marbre. Ne pas oublier que de toutes façons, les Pumpkins n'intéressent plus forcément grand monde. Que les gens ne liront
pas un article aussi long, aussi. Assumer que ce groupe a tellement d'importance pour toi que, finalement, tu vas peut-être te livrer un peu trop dans ce ridicule top.
Mais cela n'est pas grave. Ton top sera peut-être différent demain, seul toi le sais, cet article ne changera rien dans ta vie.
Aucun de tes articles précédents n'a jamais rien changé à ton existence, que pourrait changer celui-ci?
Envisager de fermer les commentaires, histoire de pouvoir révéler mes cicatrices et la noirceur de mes rêves dans le silence,
noircir la page blanche sans que quelqu’un vienne, comme à l’habitude, pinailler sur un détail ou lancer un fabuleux hors sujet. Mais s’obstiner à les rouvrir, en toute connaissance de cause, en
sachant que c’est ce genre d’article à la limite du trop personnel qui fait que tu écris.
Seulement te préparer et espérer. Te préparer à répondre "Je vous emmerde, c'est mon groupe préféré, si j'explose pas les quotas sur
celui-ci sur qui je vais le faire?!" à ceux qui vont te reprocher de mettre plus de 5 titres dans ton top 5. Espérer que Xavier, ton comparse sur ce coup là va choisir des titres un peu
différents des tiens, parce que même si tu te limitais à 20, tu trouverais qu'il en manque.
C'est parti.
Today
J'ai longtemps été un énoooorme loser avec les filles. Ce n'est un scoop pour personne, et de toutes façons on appelle ça
l'adolescence. Un jour pas fait comme un autre, j'avais échangé, lors d’un samedi après-midi, un baiser avec cette fille, qui me plaisait vraiment. Pour la première fois sûrement s'ouvrait à moi
la perspective d'une histoire avec une fille qui me plaisait vraiment, pas quelques semaines de relation piteuse avec une fille dont la seule qualité était de bien vouloir de moi. J'étais jeune,
disons que j'avais quoi, 16 ou 17 ans. J'avais acheté peu avant "Siamese Dream", en l'occurrence le premier album de mon groupe préféré que j'aie possédé "en vrai", c'est-à-dire pas gravé ni
copié sur cassette (cette sorte de piratage 1.0).
En cette fin d'après-midi là, lançant cet album qui me décevait quand même pas mal sur la platine, au hasard du sélecteur 3 CD de ma
première mini-chaîne, je me posais sur mon lit en repensant à ces instants délicieux passés en sa compagnie. Puis, d'un coup (tous les fans
des Pumpkins savent à quoi je vais en venir): "Today is the greatest day I've ever known, can't live for tomorrow, tomorrow's much too long".
Cet arpège délicat d'intro, cette explosion, et, à ne surtout pas négliger, ce solo heureux (rareté!) qui explose aux 2/3 du
morceau…
Autant l'avouer, même aujourd'hui, à chaque début d'histoire sentimentale, je m'écoute ce morceau en rêvassant. Même si, depuis,
j'ai appris qu'en fait il parlait de suicide. Mais à moi, il ne m'en parlera jamais.
(Et accessoirement, le hasard fait que cet album qui me déplaisait à l’époque est certainement celui que j’écoute le plus souvent à
l’heure actuelle. Sans lien avec le paragraphe précédent, juste que j’ai redécouvert à quel point il était bien)
Tonight, tonight
Après today, tonight. Voilà ce que j'appelle faire preuve d'une belle originalité. Mais bon. Le fait est que si j'ai
commencé à adorer les Pumpkins, moi qui à l'époque écoutait Slipknot, ce fut via le biais de "Bullet with Butterflies wings". Et si ce titre reste une grande chanson, c'est cependant à
"tonight, tonight" que je dois d'être finalement passé à autre chose que les Pumpkins derrière. Car il est des choses qu'on ne peut nier: en l'état, j'aurais tout à fait pu ne jamais
m'intéresser à la musique. C'était même l'hypothèse la plus probable venant de moi qui me passionnais pour un truc différent tous les six mois. J'aurais très bien pu me passionner pour ce groupe,
puis en rester là, ne pas chercher à creuser (ce qui, je dois l'admettre, aurait eu d'importe conséquences sur le reste de mon existence).
Mais si Tonight, tonight est certainement LE morceau le plus important que j'aie rencontré dans mon existence,
c'est surtout à cause de sa richesse. Les cavalcades de batterie, les arrangements de cordes, les arpèges sur les couplets et accords sur le refrain, le romantisme échevelé et un peu niais, les
aphorismes à deux sous qui, bien accompagnés, donnent un fol espoir en l'avenir comme en l'instant présent (ici: "The impossible is possible tonight"), ce mélange perturbant de nostalgie
et d'espoir au sein du même texte, ce texte, bordel, ce texte si mystérieux que plus de dix ans (mon Dieu, déjà!) après avoir découvert cette chanson, je ne sais toujours pas vraiment s'il parle
d'une histoire sentimentale nouvelle, d'une rupture ou d'un suicide (encore!)! Cette chanson dont je ne supporte plus la production à l'heure actuelle mais qui m'a tant fait rêver, et surtout
sourire, moi le râleur, moi l'introverti déprimé en permanence, le complexé fini… Un sourire béat face aux portes de l'avenir, ces portes qui allaient s'ouvrir, à peine un an plus tard,sur
Radiohead, les Beatles puis tant d'autres, tous ces sentiments et ces instants volés à des disques qui tracent désormais le parcours de ces 10
dernières années le long des murs de mon salon. Une chanson, une seule, peut changer votre vie. Moi, c'est celle-ci, et c'est pourquoi je serais à jamais redevable à Billy Corgan. Merci.
Bodies
A l'heure actuelle encore, ce morceau reste un mystère pour moi – ce qui ne m'empêche pas, bien évidement, de l'adorer. Il est
fabuleusement heavy, pesant, agressif mais sans être violent. C'est peut-être le meilleur morceau écrit par le groupe. Il y a tant dans ce titre… La voix, plus acérée que jamais, aigrelette, pas
toujours facile à digérer. La batterie, évidement, toujours chez les Pumpkins, toute syncopée, ces parties de batteries qui ne ressemblent qu'à un enchaînement de breaks, truc parfois lassant,
mais souvent proprement fascinant. Les guitares. Ces guitares fabuleuses, qui tournent, tournent, tournent, une accord tellement répété qu'il en finit par tourner, au sein d'un enchainement
d'accords qui donne aussi cette impression de rotative – la rotative, la machine, hein, ce côté ultra heavy limite indus – qui au final dessine une sorte de fractale sonore, toujours au bord de
l'éclatement, on ne sait jamais trop ce qu'on voit réellement, ce qui fait que chaque écoute est différente de la précédente. C'est le premier morceau que j'ai cherché à analyser, disséquer, de
toute mon existence, car c'était pour moi un grand mystère: comment peut techniquement réaliser un truc qui sonne comme ça? Je vous parle là d'une époque aujourd'hui lointaine, où il ne me serait
jamais venu à l'esprit de prendre en compte des trucs tels que la production du morceau- concept qui m'échappait alors totalement, enfin, disons plus encore qu'aujourd'hui.
Accessoirement, ce genre de morceau offre un texte fabuleux pour l'ado que j'étais, à savoir du genre à vénérer les Fleurs du
Mal et capable d'en retenir certains passages par cœur mais les lisant de façon totalement premier degré: ouaouh, c'est romantique, déprimant et
glauque, trop cool. Alors "All my blisters now revealed in the darkness of my dreams", ou le tout simple refrain "Love is Suicide", s'avérait être le parfait réceptacle de mes
névroses.
Et ce morceau reste le premier jalon que j'aie posé de ma "théorie de l'énergie musicale", cette idée selon laquelle, des fois, j'ai
l'impression que toute l'énergie et l'électricité déployées dans un morceau se fraye un chemin depuis mes oreilles vers mes organes vitaux, pour leur redonner une force, une pêche qui en était
absentes 3 minutes plus tôt: le cœur s'emplit d'espoir et de joie, les jambes marchent plus vite… Par contre le cerveau est totalement déconnecté, entièrement focalisé sur la chanson
diffusée.
Sinon, je réalise que le hasard m'a fait placer dans ce top… Les deux plages 2 de Mellon Collie. J'ai toujours aimé ce
chiffre, certes, mais c'est pas fait exprès.
To Sheila
Il me parait fondamentalement saugrenu que d'extraire une chanson d'Adore. Pourtant il fallait bien le faire apparaître ici d'une
façon ou d'une autre, et jouer la carte de l'album "entier" était de la lâcheté pure et simple. Puis j'ai pensé à garder "Pug", ou "For Martha", ou "Shame".
Puis je me suis rappelé. On vient de rentrer chez moi, elle m'a accompagné faire les disquaires alors qu'elle ne partage pas
vraiment la même passion pour la musique que moi. Je viens d'acheter Adore en vinyle, même si je l'ai déjà en CD.
Occasionnellement, par-devers moi, je déplore un peu (pas beaucoup, hein, juste un peu), le fait de n'arriver à lui associer aucune
chanson. Je l'aime, hein, là n'est pas le problème, mais moi qui ai tendance à associer en permanence des chansons aux gens, et plus particulièrement aux filles que j'ai fréquenté – ou pas,
celles qui m'ont éconduit ont elle aussi leur chanson attitrée – histoire de ne plus jamais l'écouter derrière, ça me rend un brin triste que de ne pas avoir de chanson qui me fasse penser à
elle, qui fasse surgir son image dès que j'en entend trois notes.
Nous rentrons chez moi, et, évidement, comme à chaque retour de disquaire, je m'assois par terre, juste à côté de la platine, et
commence à m'échiner pour ouvrir ce putain de blister. D'ailleurs, sans faire exprès, je corne le coin supérieur droit de la pochette. Elle est assise dans le canapé avec le thé qu'elle vient de
préparer pour nous deux quand j'arrive enfin à placer le diamant sur le disque enfin libéré.
Je la rejoins sur le canapé, le morceau s'écoule… Ava Adore commence à peine, quand:
"- Tu veux bien la remettre s'il te plait?
- Non, mais elle est vachement bien celle-là aussi, tu vas voir.
- Oui, sûrement, mais celle d'avant, je sais pas, elle m'apaise… Quand je l'entends, d'un coup, je me sens bien, je sais pas, c'est
bizarre."
Et alors que je me levais pour replacer le saphir au début du sillon, je réalisai que la réponse était là, sous mes yeux mais pas
mes oreilles. La chanson d'ouverture de mon album préféré de tous les temps, celui que j'ai tant écouté par le passé au point de ne plus avoir besoin de le faire, tant je le connais par cœur,
tant j'ai l'impression de l'avoir entièrement digéré: "je l'aime, mais ne l'écoute jamais", peu de disques répondent aussi bien à cette expression à mes yeux. C'était elle la chanson associée.
C'était… la première chanson que je lui aie fait écouter à partir du moment ou nous avons commencé à nous fréquenter.
Et après des années à faire découvrir cet album à tous les gens que je connais pour en récolter toujours le même "c'est super beau
mais vachement déprimant" – quand j'ai la chance d'éviter une remarque sur la voix nasillarde du chanteur… Cette simple demande, ce "tu veux bien la remettre s'il te plaît?" résonne encore à mes
oreilles comme la plus tendre des déclarations.
Remarque: En l'état actuel des choses, elle est la seule personne a jamais s'être
ainsi retrouvée associée à jamais à un titre des Pumpkins.
I of the Mourning
Je n'ai jamais vraiment aimé "Machina". Il y a certainement dedans quelque chose de trop adulte, de trop abouti pour avoir saisi
l'ado en moi qui a découvert cet album. Mais ce fut durant longtemps le dernier album qu'a publié le groupe, et donc il m'a fallu faire avec. Et pire
encore… Nous sommes en Avril 2001 je crois, quelque chose comme ça. Alors que j'écoute la radio, j'apprends que ma station fétiche de l'époque diffuse, pendant les vacances, le soir, quelques
lives des groupes passés à Paris ces derniers temps. C'est ainsi que je vais enregistrer puis faire tourner en boucle jusqu'à plus soif le dernier live français des Smashing Pumpkins, à Bercy le
19 Octobre 2000. Bien entendu, c'est un concert un peu particulier pour une tournée un peu particulière. Corgan a toujours eu une tendresse spéciale pour son public français, et sur cette
tournée, promouvant le dernier effort du groupe mais également tournée d'adieu (le groupe avait déjà annoncé sa séparation à la fin de la tournée au moment de cette date française), la setlist
oscille entre best of du passé et défense du dernier album.
En dépit des efforts déployés sur ce live pour soutenir les derniers morceaux (et pas mal de Machina II, aussi), certains
ne me convaincront jamais vraiment (Glass & the Ghost Children, par exemple).
Chaque fois que je réécoute ce live dans mon petit walkman Panasonic à détection de blancs entre les morceaux – ce qui est
parfaitement vain sur un live capté à la radio - j'ai tendance à zapper les morceaux de Machina… Sauf que, au moment du rappel, le groupe joue I of the Mourning
, entre Porcelina of the vast oceans et la présentation des membres du groupe (juste avant de clore sur 1979). Et
la fin de ce morceau est tout simplement dantesque. "Radio, Radio, Radio, Radio"…. La folie soudaine qui s'empare de ce morceau, qui devient soudain tout en tensions – explosions, Corgan
susurrant dans son micro pour mieux se remettre à hurler à la prochaine détonation de la caisse claire, ces soli que je n'ai, bizarrement, rencontrés que chez ce groupe (bon, oui, chez Zwan
aussi), il y a là-dedans une charge émotionnelle fascinante pour moi, qui, à ce moment là, sait que je ne verrais jamais cela sur scène, moi qui réécoute ce live comme le dernier message que me
laisse un ami disparu, qui m'a accompagné durant les moments les plus difficiles comme les plus réjouissants, et qui sera présenté, ce soir là, juste après ce morceau, comme "Guillaume Patrick
Corgan".
On ne saurait cependant, en rester là. Ajoutons une face B.
Believe
C'est une face B de… Mellon Collie, évidement (face B de 1979, je crois). Et c'est James Iha qui chante. C'est, chronologiquement,
le dernier morceau qui ait trouvé sa place dans ce top 5 (qui va être bien plus que 5 au final…), en ce sens que c'est le dernier dont j'ai réalisé la valeur. Au départ, je n'étais pas fan des
titres chantés par Iha (ils ne sont pas nombreux, pourtant: Take Me Down, Farewell & Goodnight doivent être les deux seules sur l'ensemble des albums où il ne se limite pas aux
chœurs…)
J'étais stagiaire, à Lyon, je vivais en colloc' avec une hippie qui me forçait à manger bio et à utiliser des détergents qui
n'attaquaient pas l'environnement… Et de par ma condition de stagiaire présent pour quelques mois, je tenais à ce que ma vie tienne dans un sac à dos, histoire de pas avoir de problème quand
serait venu le moment de faire mes valises. Evidemment, avec mon indemnité de stage, je ne faisais pas de folies discomanes – surtout qu'à l'époque, je n'avais pas rencontré le disquaire lyonnais
qui serait la némésis de mon portefeuille – et m'était replongé aussi ardemment que par défaut dans les quelques disques de ma jeunesse qui étaient restés chez mes parents, et que j'avais
descendu. Parmi lesquels, ce disque gravé par un pote de lycée qui avait acheté le Greatest Hits des Pumpkins juste pour le CD bonus, celui avec les inédits, le "Judas 0". Comme
à cette époque (celle de la sortie de Judas 0) Internet n'était pour moi qu'un concept vaguement familier, mais aucunement une application de tous
les jours, l'accès à l'info concernant la discographie du groupe m'était assez difficile. Bref, tout ça pour dire que la phrase d'ouverture de ce paragraphe, j'aurais bien été en peine de
l'écrire à l'époque, et que donc, Judas 0, j'avais pas la moindre idée de l'origine des morceaux qu'on y trouvait.
C'est une conversation, des années et des années plus tard – donc à l'époque ou j'étais à Lyon - avec l'ami Thomas qui m'a fait découvrir l'origine de ces morceaux. Le soir même, je remettais ce disque dans la platine pour la première fois depuis des
années. Et là, d'un coup, je me suis pris cette chanson en pleine gueule. Les petites montées de violon, les arpèges, la délicatesse de la voix de James Iha, et ces paroles, aussi tendres que
niaises… Cette chanson est fabuleuse, non seulement parce qu'elle est bien, mais aussi – surtout – parce que, par sa vision "mignonne" de l'amour, elle est un cas à part, presque unique, dans
l'œuvre des Pumpkins.
Et le truc un peu à part : Honestly, de Zwan
Je réalise que je n’ai pas encore vraiment évoqué la voix de Billy Corgan de front. C’est une voix qu’on dit particulière quand on
est poli, assez atroce et nasillarde quand on est sincère. Mais c’est aussi ce qui fait la pleine particularité de ce groupe, et fait partie intégrante de mon amour et de mon goût pour cette
œuvre.
C’est pourquoi, dans le flottement qui a suivi la séparation du groupe et précédé sa reformation, j’ai eu l’occasion que, plus
encore que la musique des Pumpkins, ce fut la voix de Corgan qui m’a manqué. Cette voix qui était devenue familière, dont je réécoutais ce qu’elle m’avait déjà dit mille fois, mais dont,
finalement, je n’espérais que de nouveaux mots, de nouvelles mélodies.
Alors… alors la première fois que j’ai entendu ce titre, qui était le premier single de Zwan, imaginez l’émotion pour moi. Je
passerai sur le fait que cet album est mécompris, qu’il a souffert de n’être pas empli de souffrance, et conseillerai juste d’y jeter une oreille neuve, de profiter de ce versant positif de la
musique de Corgan. Depuis, le « miracle » des retrouvailles s’est reproduit plusieurs fois, et à chaque fois, réentendre cette voix, c’est quelque chose de tellement émouvant que ça me
prive un peu de mon sens du jugement (quand j’ai écooutéé Zeitgeist, je pleurais presque de joie et d’émotion à la plage 5. Bon, les choses se gâtent à partir de la 7, malheureusement.)
Mais bon. Aucune de ces retrouvailles n’aura jamais la puissance de celles-ci, de celles faite via ce morceau, sa mélodie enjouée,
son côté bluette et son solo – oui – queenien que j’adore
(J'avoue, c'est surement un des pires clips que j'aie jamais vus)
Le pire, arrivé ici à la sixième page de texte, c'est que je garde l'impression de ne pas avoir su faire passer le tiers des raisons
qui font mon attachement à ce groupe. Mais disons que j'espère au moins vous en avoir donné une bonne idée..
Allez, finissons de parler du groupe qui a changé ma vie avec quelques titres en plus que je suis obligé d’évoquer :
Le top 5 alternatif : même logique, mais en évitant les morceaux précédents.
Cherub Rock
Bullet with Butterflies Wings
By Starlight (pour me faire pardoner d’avoir si longtemps negligee les 4 derniers titres de Mellon Collie)
Blank Page (de préférence une version live circa 1998 pour le solo de guitare fabuleux qu’ils collent sur ce morceau)
The Everlasting Gaze (pour le clip. Je ne détaille pas plus, on risquerai de me prêter des intentions qui ne sont pas les
miennes)
Bonus : Tarentula – le morceau qui a scellé les retrouvailles.
Enfin,les 3 morceaux que je ne supporte pas, mais alors pas du tout :
X.Y.U. sur Mellon Collie
A night like this, la reprise – massacre de Cure en face B de Bullet
United States sur Zeitgeist (aka X.Y.U. en plus mauvais)
Allez, maintenant, pour moi, retour à la vie normale (donc à l'écoute de Pisces Iscariot, voir si j'aurais pas pu en sauver un
morceau pour ces tops), pour vous, l'heure d'aller voir la sélection de Xavier sur le sujet!
Tout le monde sait que cet album s'appelle "mille". Mais est-ce
en chiffres, en lettres, ou les deux comme indiqué dans le titre que j'ai donné à ce paragraphe? Je crains que personne ne soit foutu de me le dire.
Et si le fait que personne ne soit capable de s'accorder sur le titre "officiel" d'un album, celui par lequel le désigner et que tout
le monde capte immédiatement, c'est bien la marque des grands. Pensez à Led Zep IV, au Double Blanc.
De même, s'il fallait classer cet album dans une catégorie particulière de musique, on serait bien en peine de le faire. Par moments
on dirait du post-punk, à cause des boites à rythmes et des rythmiques basses omniprésentes et des paroles codées déprimantes. Des fois on dirait des grosses tueries hardcore, limite métal. Si
transcender les genres et s'avérer inclassable n'est pas un critère de grand album…
Bref: Mille (1000) est donc un grand, voire très grand album. Un grand album, composé de grandes chansons, œuvre d'un groupe
qui confirme et même transcende les espoirs qu'on avait placé en lui au moment de l'EP (le premier album m'avait assez moyennement convaincu).
Résumons ainsi: je reste convaincu que "Heroin" du Velvet est la meilleure illustration musicale d'un shoot d'héro. Maintenant, je
suis aussi convaincu que "Charlie Sheen" est son équivalent cocaïnomane.
Jusqu'ici, j'adorais Art Brut, ses textes, ses mélodies, ses qualités
comme ses faiblesses. C'est pour moi le groupe le plus drôle en activité à l'heure actuelle, et les textes hilarants étaient supportés par une musique imparable, rythmée et fun. Ce dernier
album, malheureusement, est produit par Frank Black. On va me répondre que celui d'avant aussi, ce à quoi je répondrais, moi, que je le savais pas et qu'en plus ça s'entendait pas je
trouve.
Alors que là… Même si cet album n'est pas non plus atroce (certains titre s'en sortent bien), on sent un peut trop la présence d'un
Franck Black plus nostalgique de "Teenager of the Year" que des Pixies. Conséquence: certaines plages virent un peu à la démonstration instrumentale, assez loin des morceaux harangueurs
et gouailleurs qu'on avait aimé sur les précédents opera*. Restent quelques morceaux, comme ce "Axel Rose" narquois, ou "Bad Comedian" qui résonne comme la suite de
"Think Twice (it's not alright)" de l'album de "Everybody's in the French Resistance … Now!"
C'est toujours un plaisir que de retrouver Eddie Argos, son charisme, et son sens de l'aphorisme, mais là, malheyreusemetn,; des fois
ça ne passe pas, à l'instar de ce "Sexy" long comme un jour sans pain.
Alex Turner – Submarine EP.
Décidément, les Arctic Monkeys sont un cas à part. Comme j'en discutais
récement avec un éminent ami, c'est un groupe qui est parti étiqueté un peu comme les… "Silverchair du revival rock 2k's", et qui s'est forgé sa réputation, construit son image par le talent et
le travail, capable de dépasser la hype pour devenir un groupe sur lequel on compte.
Au point que moi, qui aurait été le premier à cracher sur ce groupe en 2007 (leur deuxième album est sorti, j'en avais strictement
rien à carrer), j'aie eu envie de me pencher sur le prmeier sique que son leader sort en solo.
Surtout que… Humbug avait montré la capacité du groupe à créer des ambiances. L'incartade Last Shadow Puppets avait montré
la capacité du duo à trousser des mélodies. Que vaut Alex Turner solo? Eh bien il vaut quand même pas mal. En effet, On retrouve ici un songwriter surprenant, émouvant, capable de trousser de
jolies ballades avec des petites instrumentations franchement sympa. Alors certes, ça tient le coup sur six titres, et on se demande ce que ça donnerai sur un album entier. Mais, d'un côté ça
rassure sur le très proche quatrième album des singes anglais, mais jette le doute: s'il se met à trop faire de trucs tout seul, risque-t-il d'abandonner son groupe? (ben oui, Josh Homme n'est
pas forcément le meilleur exemple à suivre de ce point de vue… Et la jurisprudence Jack White, aussi, jette le doute.)
Mais pour l'instant, un bel album, en attendant un album qu'on devient assez péchu… Des chansons maintenant, et des ambiances pour
Juin, que demander de plus?
*Je suis latiniste strict, je fais mes accords comme il faut et je vous
emmerde.
Be quick or be dead