Looking for a kiss

Be quick or be dead

Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

***

De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

***


Tell all the people

Mercredi 1 septembre 2010 3 01 /09 /Sep /2010 13:32

 

Remarque préliminaire: Ayant, dans le courant du festival, échangé pas mal de SMS avec des collègues blogueurs, ou reçu certains après avoir appelé des potes pendant les concerts, je vous reproduis, à fin d'illustration, des extraits de ces conversations en italique (dans le cadre, bien évidement, du Fair Use)

 

 

Enfoirés d'habitués (ou de locaux, je sais pas trop).

 

Excusez-moi de démarrer ainsi ce petit récit, mais vraiment, je lui en veux, au mec qui nous a indiqué le pont qui passe par-dessus l'autoroute pour accéder au Parc de Saint-Cloud, et non pas le passage souterrain que tout le monde empruntait. Parce que bon: une fois dans le parc, en se guidant au son, on a réussi à trouver l'entrée du festival, au bout de quelques temps, sans trop de mal. En plus, comme on débarquait par l'entrée qui correspondait aux parkings, il y avait pas trop de monde dans la queue, on est entré assez vite.

 

N'empêche, ça faisait bien novice, quand même.1

 

http://www.staragora.com/images/flux/250x250/7/0/070a47ce59c55545b1c72e09e74025f14c540aa674856.jpgQuoiqu'il en soit, c'est une fois posés dans les transats SFR2 qu'on est rejoints par Klak. On en profite pour s'attaquer aux premières bières du festival, histoire de saluer en beauté la montée à Paris de notre collègue et ami du Sud-Ouest.

 

Au loin, sur la grande scène, on annonce "Kélé". A savoir, donc, le chanteur de Bloc Party en solo.

Nous sommes, je l'espère, d'accord pour dire que généralement, les carrières solo sont moins réussies que la partie "carrière en groupe". (Je suis d'ailleurs infoutu de vous fournir un contre-exemple). Alors franchement, déjà que Bloc Party, bon, on se comprend… Là, Kélé et son electro-world-pop, on était bien contents de l'entendre seulement de loin. Et puis il y avait un brin de soleil de temps en temps, c'était quand même pas désagréable.

 

Accessoirement, on ne saurait ignorer que c'est ce soir là que doit jouer Blink-182, vu le nombre de gens arborant un T-shirt à leurs couleurs (T-shirt Blink dont les stand de merchandising dégueuleront tout le WE, proposant bien plus de modèles, et durant bien plus longtemps, que pour la plupart des autres groupes.)

 

Moi: Pas vu une telle profusion de T-shirts Blink depuis mon bac!

Thom du Golb: Ah tu y es aujourd'hui? Désolé je ne savais pas. Amuse toi bien.

Moi: 3 jours!

Thom du Golb: C'est presque du vice

 

Finalement, on se dit qu'on est quand même là pour voir des concerts, et qu'il serait temps de se diriger vers une scène. Ce sera la scène de la Cascade, où a lieu le concert de Foals. (Remarque: il y a 3 scènes. La Grande, La Cascade (moyenne), l'Industrie (petite). Quand il y a concert à la Cascade, c'est le seul en cours. Quand il y a concert sur la Grande, l'Industrie tourne en parallèle. Donc à cette heure là, on avait pas le choix, si vous voulez.)

 

Moi: Dis-moi, foals, c'est un tribute band de Cure en fait, non?

Thom du Golb: C'est chiant, hein? :)

 

En effet, Foals, c'est… sympa, mais la voix du chanteur, décalque parfaite de  celle de Robert Smith, m'a quand même assez sévèrement traumatisé.

 

Passé le concert de Foals (qui s'est achevé sous une pluie torrentielle, de 10 minutes certes, mais quand même impressionnante), on se dit qu'il commence à faire faim, et on va casser une graine.

 

On se dirige vers la grande scène pour observer Cypress Hill. De loin, parce que juste après il y a Black Rebel Motorcycle Club qui commence et on préfère rater la fin du concert des rappeurs  que le début de celui de nos Hell's Angels préférés.

 

Il s'agissait là du premier concert de rap de votre serviteur, qui a assez sincèrement apprécié. En fait, le seul terme que je trouve, c'est "ça envoie". En plus, on a eu la chance qu'ils balancent "How I could just kill a man" (le seul morceau que je connaissais) dans les premiers, pour pas partir trop déçus, laissant Klak là avec des amis à lui.

 

http://4.bp.blogspot.com/_yYnc79mrVZE/S8NUl9K_fnI/AAAAAAAABn8/g8NmONtOg4k/s1600/webone.jpgB.R.M.C. On les avait ratés au Bataclan suite à une mauvaise gestion des dates, ce coup-ci on les verra. Avec en tête les échos en demi teinte qui nous étaient parvenus après le concert (trop long, parfois chiant…) en se disant qu'un concert de festival (soit une petite heure douche comprise, dans le cas présent) était peut-être le cadre idéal pour que B.R.M.C. se cantonne aux morceaux pêchus, aux hymnes, et évite de nous jouer une demi-heure de morceaux acoustiques tirés de "Howl".

Et on avait bien raison. Après un "Beat the Devil's Tatoo" d'ouverture qui pose parfaitement le décor (riffs pesants, batterie lourde aussi, basse ronflante), le groupe enchaîne un parfait mélange de titres de dernier album et d'hymnes tirés des précédents ("Stop", qui e fait toujours autant penser à du Oasis super heavy), avant de conclure sur un brelan d'As: Berlin, Weapon of Choice, Whatever happened to my rock n' roll.

 

Après ces trois titres, on quitte la scène de la Cascade repus, contents, prêts à aller en découdre avec son adolescence (même si on se retrouvera à rater le rappel de BRMC): Blink-182 nous attend.

 

Eh ben, pour les quadras bedonnants qu'on m'avait annoncé, ils tiennent encore la forme, les ados éternels du skate-punk californien. Ca chante toujours aussi  faux, et derrière, Travis Barker tabasse toujours comme un animal sauvage.

 

Et même mieux: le concert part très fort. Dumpweed / Feeling This /The Rock Show / What's my age again?. Ainsi délayé, Feeling This, passe encore a peu près bien. Mais derrière, j'assiste au pire ventre mou que j'ai jamais expérimenté en concert (voire même sur disque aussi): en fait ce groupe n'a pas encore compris, 6 ans plus tard, que son dernier album était à la fois chiant et plombant, et dépourvu d'émotion, et que c'est certainement pas pour entendre les morceaux de cet album qu'on vient les voir sur scène. Alors oui, ils ont entrecoupé cette série de morceaux d'autres albums. Genre "Stay together for the kids". Bonne idée à la con.

Heureusement, arrive "Always" (seul morceau du dernier qu'on a réussi à à peu près digérer), puis un peu plus tard "First Date", et on repart en arrière, vers les albums plus anciens, vers la fin du XX ème siècle… On alterne les morceaux de "Enema of the state" et de "Take of your Pants and Jacket", "All the small things" réveille la fosse, et on va même jusqu'à jeter un oeil du côté de "Dude Ranch" le temps de "Josie", avant de conclure le set sur "Anthem part 2".

 

http://www.francesoir.fr/sites/default/files/imagecache/article_image/robinet_a_breves_new_2010-08-28/photo_1282982099772-1-0.jpg

(Crédit photo: piquée chez Klak)

 


 

Bon, les choses sont fixées: j'apprécie toujours autant certaines de leurs chansons (c'est quand même vachement entraînant par moments), mais par contre les blagues entre les morceaux passaient moyen (j'ai plus 15 ans – ouah le scoop). Par contre, leur running gag de "je sors tous les mots que je connais en français", c'est con, mais ça m'a fait rire. (Oui, "Merci Soufflé Chateaubriand", moi ça me fait marrer, je peux pas toujours être au top)

Accessoirement, le "c'est notre dernier morceau, même s'il y en a encore 2 écrits en dessous" avant la conclusion du set m'a mis en joie. Peut-être que le rappel me convaincrait totalement (jusque là, presque rien de "Dude Ranch", très peu de "Enema…" sauf les tubes et les classiques – sauf Aliens Exist…)

 

Et ça s'ouvre sur… Travis Barker et sa batterie, sur une plateforme, avec un harnais, et c'est parti pour ce qu'on qualifiera de "moment de Tommy Leeisme", ça parle par soi même. J'aurais pas cru ça possible en 2010, ben si. C'est sans intérêt (comme à peu près tout solo de batterie) mais c'est marrant.

 

Puis le "vrai" rappel, a.k.a. l'erreur stratégique: Carrousel (tiré de "Cheshire Cat" et Dammit (tiré de "Dude Ranch"). Deux morceaux que j'adore, et sur lesquels j'ai vraiment été content d'être là… Contrairement, à, on dirait, le reste du public, qui dans sa grande majorité ne connaît pas ce qui furent les deux premiers tubes du trio californien… dans son pays. Parce que c'est quand même quelque chose comme 4 ans après Carrousel que Blink a été connu en France.

Alors quand Tom DeLonge a voulu faire chanter le public sur Carrousel… Je vous raconte pas le four. Je devais être dans les 0.5 % qui chantaient, mais j'étais trop loin.

Mais c'était sympa. Pas grandiose, mais sympa.

 


 

Et là, il faut rentrer. Et évidement, on sort par là où on est entrés. C'est-à-dire la sortie vers le parking. Mais comment sortir à pied via le parking??? Eh bien, c'est à croire que les voitures non plus n'ont pas du pouvoir sortir aisément vu qu'aucune des personnes indiquant aux voitures la direction de la sortie n'était foutue de nous dire par où on devait, nous, sortir. S'ensuit une longue errance, pleine de fatigue amplifiée par le froid de la nuit, dans le parc de St Cloud, de grille fermée en mur infranchissable. Jusqu'à ce que… Un gars, dont on ignore vraiment qui il était ne nous indique une grille fermée, certes, mais "franchissable". Comprendre: en se pliant bien comme il faut, on peut, une fois monté sur le muret adjacent, essayer de contourner les pics sur le côté de la grille et peut être sortir du parc indemne.

Ca fait beaucoup de conditionnels, pourtant certains du groupe de 30 personnes qui s'était formé au gré de nos pérégrinations s'y attaquent déjà.

Heureusement, alors qu'on inspectait la chute à supporter dans l'hypothèse où on préfèrerait se laisser glisser de l'autre côté du muret (environ 3 m / 3 m 50), le gardien est arrivé, et nous a ouvert la porte de sortie, non sans nous avoir copieusement engueulés: on peut s'en retourner vers le centre ville récupérer la voiture, et rentrer dormir du sommeil du juste: une copieuse journée nous attend le lendemain.

 

 

 

 

 

1 Novice, oui. Mais pas "provincial" comme celui qui a confondu "Porte de Saint-Cloud" et "Pont de Saint-Cloud".

2 On a beau pas être sponsorisés ici, je me verrais sûrement dans l'obligation d'évoquer quelques-uns uns des "marchands du temple Rock" dans le cadre de cet article à des fins de géo-localisation du lecteur.

Par Guic ' the old - Publié dans : It's a Live - Communauté : Le Monde du Rock - Ecrire un commentaire - Voir les 16 commentaires
Vendredi 20 août 2010 5 20 /08 /Août /2010 14:37

A peine ai-je recommencé à publier avec un brin de régularité que je m'offre le luxe de partir en vacances pour un temps.

 

Sale feignasse que je suis.


Retour prévu... un de ces quatre (à chaque fois que j'annonce un truc ici, je tiens pas mes promesses, que c'en est effrayant), avec (en vrac), des compte-rendus de concert (Nada Surf, Harlem, et bien évidement Rock en Seine), des articles à base de prise de têy

te sur les Smiths et Weezer (analyse sociologique vendue à part), et, peut-être, le retour de "Le Rock-Critic est un con?" mais vous réjouissez pas trop, il risque d'être de la même veine que le dernier en date: introspectif, empli de doute, mais qui met le doigt là où ça fait mal.

 

Let's go today... In a heartbeat!

 


Par Guic ' the old - Publié dans : Laisseriez vous votre fille tenir un blog ? - Communauté : Le Monde du Rock - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 11 août 2010 3 11 /08 /Août /2010 11:56

 

Les Pistols c'est sympa, mais ça va 5 minutes. Surtout que dès qu'on commence, à 18 ans, à placer les Pistols sur un piédestal, on réalise bien vite à quel point celui-ci s'avère fragile et, surtout, difficile à consolider. Il faut être bien naïf pour croire que seul McLaren est le méchant de l'histoire. Il faut être con pour trouver le renvoi de Matlock (et son remplacement par Vicious) "trop bien". Il faut ne s'être pas renseigné pour croire encore cette légende selon laquelle les Pistols ont sauvé l'Angleterre d'un Rock progressif qui n'a jamais été une menace. Il faut être ado pour trouver géniale leur façon de dire "Fuck" à tout sans jamais rien apporter en solution. Enfin, il faut être sourd pour croire un instant que la musique des Pistols est effectivement ce "retour au Rock des sources" que clamait l'esthétique punk de l'époque.

 

http://www.jetfm.asso.fr/site/IMG/jpg_johnny_thunders.jpgJe ne dis pas que les Pistols sont dénués d'intérêt, non. Juste qu'on les a fait porte-étendard de bien plus de choses que la raison et la logique n'auraient du l'autoriser, amalgamant toutes les définitions possible d'un mouvement pas si bien défini que ça autour d'un unique groupe.

 

Mais surtout, le paradoxe ne saurait s'arrêter là. A ce moment là (et même un peu avant), de l'autre côté de l'Atlantique, la scène punk se monte. La, oui, et pas une. La vraie, l'originale, celle des Patti Smith, Ramones, Television, et bien sur Heartbreakers. Ceux de Thunders, Johnny Thunders.

Celui-là même qui, 5 ans auparavant avait, avec les New-York Dolls*, avait américanisé le Glam Rock. Glam que les Pistols jouaient à leurs débuts, avant que Malcolm McLaren, ex-manager des NY Dolls ne les rencontre et les convainque de jouer du punk. Style que Nolan et Thunders, démissionaires des Dolls en 1975 (un an après l'arrivée de McLaren au management des Dolls) jouent avec les Heartbreakers.**

 

Dans une telle situation, le sale gros réac que je suis ne supporte pas de voir ces petits paltoquets de Sex Pistols, sous couvert de provocation à pas cher et de contestation de trône, balancer une chanson comme New York, qui se résume plus ou moins bien à un gros Fuck à la gueule des New York Dolls… Sans lesquels ils ne seraient surement pas là où ils en sont quand sort "Nevermind the Bollocks".

 

 

Les paroles, ici.

 

S'ils ont un mérite, c'est de pas se cacher. Parce qu'avec les références à "Looking for a kiss", entre autres, ils sont un peu grillés à des kilomètres les Tontons Flingueurs du U.K.

 

http://images.uulyrics.com/cover/j/johnny-thunders/album-so-alone.jpgCe genre de comportement me déplait assez fortement, personnellement. C'est entre autres à cause de ce fort sens moral que je ne suis une personne qu'assez peu Rock n' Roll. Mais y a pas qu'à moi que ça déplait pas. Thunders non plus n'a pas aimé. Et sa réponse est tout simplement une des plus grandes chansons qui soit, et surtout une des plus jouissives qui soit. C'est sur le premier album solo de Thunders (So Alone), et ça s'appelle London Boys. Et voilà du punk junkie mais intelligent. Un vrai retour au Rock n'Roll (avec un solo de guitare tout à fait raisonnable! Voilà un truc que je n'ai jamais compris: Comment se targuer d'un "retour au rock n' roll des débuts" tout en supprimant purement et simplement le concept de solo de guitare, alors que ceux-ci magnifient certains morceaux de, au hasard, Chuck Berry (Si c'est pas du vrai Rock n' Roll de base, ça, putain je sais pas ce que c'est) ? Si le but c'est de montrer aux groupes de prog qu'ils se plantent avec leurs solos de 15 minutes, pourquoi ne pas leur montrer comment en caler un correct en termes de durée, d'intensité, et de "comment l'amener" plutôt que de contourner le problème en le collant sous le tapis du studio? A part évidement... si on est pas foutu d'en torcher un. Quoique, certains ne seraient pas gênés)

Sans compter que Thunders, gentiment traité de "faggot" et cordialement inviter à fermer sa gueule dans le morceau incriminé, fait ici preuve d'une finesse dans la réponse qui la rend encore plus virulente. L'invective plutôt que l'injure. La véritable hargne plutôt que la provoc'. Le cassage en règle, en toute distinction, face à la pose, aux rots, et aux fucks balancés pour choquer le bourgeois. Face à la vulgarité, en fait.

 

Avec les Paroles, ici.

 

 

 

Voilà. Ca c'est du punk. Ca c'est mon punk.

 

Et puis accessoirement, comment ne pas prendre parti pour celui qui a écrit la plus grande, la plus belle et la plus honnête des chansons jamais écrites sur la nostalgie et ses effets pervers?

 


 

(Et merci à Xavier, qui, alors que je lui confiait mes soucis de manque d'inspiration en Juillet dernier m'a dit, aporès que je lui aie narré l'histoire des ces deux chansons: "Mais putain, pourquoi t'écris pas sur ça, je la connaissais pas, moi, cette histoire!")

 

 

 

* C'est non sans difficulté que je cache mon émotion à l'idée d'être intronisé "Quatrième personne qui parle encore des New York Dolls en 2010" après Stephen Morrissey, Philippe Manœuvre et Thomas Sinaeve.

 

**Je vous l'accorde, ma façon de vous raconter l'histoire ressemble à un épisode d'Amour Gloire et Beauté (enfin, non, il se passe tellement de choses que ça  ferait 10 épisodes)

Par Guic ' the old - Publié dans : Titrage calorimétrique - Communauté : Le Monde du Rock - Ecrire un commentaire - Voir les 28 commentaires
Jeudi 5 août 2010 4 05 /08 /Août /2010 12:24

http://2.bp.blogspot.com/_kkCHUk87bYc/SHkGZLMSr-I/AAAAAAAAHkk/Flaqv5BflkQ/s400/The+Pogues+-+If+I+Should+Fall+From+Grace+With+God.jpgDe nos jours, les gens ne respectent plus rien. Quand on leur dit qu'on écoute les Pogues, ils ne peuvent s'empêcher de faire une remarque bidon, à base de jeu de mot sur les "Pogs" qui ont envahi les cours de récré à un époque ou je n'étais même pas encore entré au collège.

C'est ridicule. Parce que quand on connaît les Pogues, on a envie de tout sauf de plaisanter avec, tant c'est beau et bon. C'est encore plus ridicule quand la personne faisant la blague n'a pas connu les Pogs en question, parce qu'à l'époque elle bossait déjà.

 

Pour corriger cette erreur, je me sens obligé de vous expliquer, très simplement, pourquoi il faut écouter les Pogues, en quelques points.


 

1. Parce que c'est celtique (un peu):  Dans un pays qui porte suffisamment d'attention à la musique folklorique bretonne pour diffuser le défile du festival interceltique de Lorient sur une chaîne nationale, et dans lequel Tri Yann arrive à remplir un Bercy, le succès modéré d'un groupe comme les Pogues, ça fait tache. Il est temps d'y remédier.


 

2. Parce que c'est dansant (pas mal): et en plus, c'est dansant sans même qu'on ai besoin de boire, même si ça arrange un peu les choses. Je vous mets au défi de pas avoir envie de sautiller un peu partout en gueulant des "Far Away" à l'écoute de Sally McLellane.


 

3. La voix de Shane McGowan: Parce que c'est une de ces voix directement reconnaissables, et qu'elle est vraie. Nombreux sont ceux que les abus de Bourbon et de tabac ont pourvu d'une belle voix caverneuse et ténébreuse: Tom Waits, Mark Lannegan, Garou… Avec le même régime (à ceci près que le Whiskey remplace le bourbon, ont est en Irlande), McGowan s'offre une voix éraillée, braillarde, qui rappelle parfois le cri du mec en train d'essayer de s'endormir sous la table alors que le patron vient tenter de le déloger parce que c'est l'heure, on ferme, pochtron. Pas aussi agréable, mais tellement plus vraie, tangible, et, fatalement, émouvante.


 

4. Parce que c'est émouvant (quand c'est pas dansant): des ballades de marin avec chœurs, fabuleuses et émouvantes, tendres, il y en a aussi. A pair of brown eyes, A rainy night in Soho, ou la fabuleuse Fairytale of New-York, en duo avec Kirsty Mac Coll (et là, l'alternance des deux voix c'est vraiment magnifique)


 

5. Parce que même pillé, ça reste d'enfer: Oui, Fiesta a servi de générique à une émission de Patrick Sébastien dans les années 90. N'empêche, une fois passé le léger sentiment de rejet à l'écoute de la trompette d'intro (soit la partie utilisée comme générique), on est dedans, dans ce trip celtico-mexicain, et on se laisse emporter, et c'est bon. Come on you ramblin' boys of pleasure


 

6. Parce que c'est plein d'enseignements et de conseils sur la vie:

 

There's nothing ever gained by a wet thing called a tear
When the world is too dark and I need the light inside of me
I'll go into a bar and drink fifteen pints of beer

 

(Streams of Whiskey, sur Red Roses For me, 1984)

 

 

7. Parce qu'ils mettent en application leurs propres conseils.(cf. point précédent)


McGowan avant:

http://membres.multimania.fr/pogues/images/shane.jpeg


 

Maintenant:


http://forgottenjournal.com/wp-content/uploads/2007/12/pogues-singer-shane-macgowan.jpg

 

8. Parce que l'accordéon: après tous les groupes franchouillards qui ont essayé de ressortir le piano à bretelles de son ghetto musette en y arrivant plus ou moins bien, il est temps de se réconcilier avec l'instrument: les Pogues, c'est une bien meilleure façon que la Rue Ketanou ou les Ogres de Barback.


 

9. Parce qu'ils vengent l'Irlande: rendez-vous compte, ce pays nous a envoyé les Corrs, les Cranberries et U2. De ce point de vue, seul le Québec arrive à battre l'Irlande dans la catégorie "Fournisseur douteux" (L'Allemagne a laissé la place libre à l'orée des années 1990, quand ils ont compris que la disco c'était over, et qu'on s'est rendu compte qu'ils étaient fans de David Hasselhoff en tant que chanteur!) Les Pogues, c'est le groupe qui vient racheter leurs péchés, et le Québec n'a pas d'équivalent (Les Trois accords ne compte pas.)


 

10. Parce que "The Body of an American". Une chanson magnifique, entendue nombre de fois dans ce que les specialistes considèrent comme une des meilleures séries de tous les temps: The Wire. (The Wire, considérée comme la seule bonne circonstance d'écouter les Pogues d'après le Dictionnaire de la mauvaise foi musicale. Qui prouve ainsi qu'il porte bien son titre.)


 

Hors-Concours: Parce que les Pogues, une terrasse au soleil mais pas trop, une Guinness: c'est peut-être ça, en fait, le bonheur.

 

Allez, sortez la bière du frigo (si vous n'en avez pas dans le frigo, je ne comprends même pas que vous me lisiez), et écoutez-moi ça:

 


A la votre!

Par Guic ' the old - Publié dans : Titrage calorimétrique - Communauté : Le Monde du Rock - Ecrire un commentaire - Voir les 33 commentaires
Lundi 2 août 2010 1 02 /08 /Août /2010 12:08

Chers Win et Régine,

 

J'espère que vous vous portez bien depuis la dernière fois qu'on s'est vus, ce qui remonte quand même à trois ans de là. Mais si, putain, le petit endimanché, au second rang, derrière le gros italien qui squattai les barrières, c'était moi. Je sais que ça fait longtemps que j'ai pas donné de nouvelles, mais d'un autre côté, jusqu'à l'arrivée de votre dernière production, vous en avez pas donné des masses non plus. Enfin bref, toutes mes excuses.

 

Si je suis si cordial et poli au début de cette lettre, autant vous le dire, c'est parce que je crois que je vais pas pouvoir le rester très longtemps.

 

http://1.bp.blogspot.com/_iY28eFWQM_Q/TD9S5et2BDI/AAAAAAAAAnU/1DKuwyIJgWY/s1600/TheSuburbs_Artwork_cover1.jpgEn effet, j'ai bien écouté votre "The Suburbs", et… dites-moi… C'est quand même un peu à chier, non? Qu'est-ce qui vous a pris, dites-moi? J'ai passé l'intégralité de l'album à attendre que ça démarre! Je me suis fait avoir quand au bout de 7 minutes de musique, Win a annoncé "Now I'm ready to start" – pour se recalmer aussitôt… Je me suis fait avoir quand le riff de "Month of May" est venu rappeler à mon bon souvenir un "Laika" qui parait si loin maintenant… Entre temps j'ai cru que l'arrivée de Régine au chant (super tardive, quand même, faut attendre la plage 5) vienne sauver le truc… mais non… Rhaaaa.

 

Mais qu'est-ce qu'il t'arrive, Win? Tu nous fais une crise de conscience et tu as peur de perdre ta voix si jamais tu pousses un peu haut, ou fort? Tout au long de l'album, ta vois est à l'image de tes potes violonistes (c'est évident sur "Modern Man"): ça monte, ça monte, ça monte, et au moment ou on voudrait que ça explose, d'un coup, tu te calmes!!

 

Il vous arrive quoi? Il est où le joyeux bordel qui a fait qu'on vous aimait les mecs (et les filles)? La folie, l'emphase, le jeu avec les limites du pompiérisme, tout ça c'est où? "Rococo" (ce titre….) y arriverait presque, vu ta façon de lancer un dernier "Rococo" avant l'irruption des violons, l'espace d'un instant, on croit qu'on est dans le bon… Mais bon, d'un autre côté, c'est une telle scie ce morceau qu'après l'avoir écouté j'en suis presque à vouloir entendre "It's a small small world" pour pouvoir me sortir ce refrain affligeant de la tête)

 

(Là vous voyez pourquoi j'étais super courtois au début.)

 

En fait, disons qu'au moment ou vous réussissez à nous rappeler votre grandeur passée, c'est surtout en sortant des morceaux rappelant ceux qu'on aimait pas sur Neon Bible. (Empty Room, c'est "Antichrist Television Blues", mais chanté par Régine, même nous on s'en rend compte, nous prenez pas pour des cons.)

 

Neon BibleNeon Bible qu'à l'écoute de cette dernière production on a envie d'accuser de tous les maux. Je me rappelle qu'à sa sortie, tout le monde s'accordait à le trouver meilleur que Funeral (sauf moi et quelques autres – c'est pas par snobisme que je dis ça: je rappellerai juste qu'il m'a fallu vous voir jouer les morceaux de Neon Bible sur scène – donc en version "gros bordel" pour que je les apprécie vraiment), sous des prétextes fallacieux genre "ils se sont enfin calmés, maîtrisent mieux leur truc, ils se font enfin lyriques et c'est plus le gros marasme de Funeral", et tout le monde s'en réjouissait et vous en félicitait.

Pendant ce temps là, les fans de Funeral ne pouvaient pas nier l'évidence, oui, l'album était très bon, mais continuaient de penser par-devers eux que le petit nouveau paraissait finalement vachement plus mort que le précédent (ironie suprème.)

 

La question reste posée: pourquoi c'est ceux-là que vous avez écoutés? Pourquoi écouter les Rock-critics? A quoi ça sert que je vous rappelle régulièrement que ce sont des cons?

La question jumelle étant évidement: qu'attendait-on de ce "The Suburbs"? Les fans en attendaient certainement une fusion des deux précédents: la maîtrise mélodique de Neon Bible au service de l'explosion de joie et de vie que constituait au final Funeral.

Les Rockcritics… eux, évidement, ils n'en attendaient foutrement rien. Depuis Mars 2007 (date à laquelle est sorti Neon Bible), et une fois leur critique publiée et le concert passé, ils ont du réécouter l'album 3 fois, et encore, la dernière c'est juste qu'ils se sont gourés, ils voulaient sortir le dernier animal collective et puis quelqu'un les a interpellés, ils ont pris le disque d'à côté, voilà, ils se sont dit que c'était bizarre, ça ressemble pas trop à Animal Collective (ben oui, il y a une mélodie), qu'est-ce que… rha mais j'suis con!, Ah ouais, Arcade Fire, il était sympa cet album tu t'en souviens, allez, passe moi le bon disque, on va pas se le réécouter quand même. Bon, évidement, ils considèrent "The Suburbs" comme un des albums les plus attendus de l'année, mais ne nous voilons pas la face, c'est juste parce que le nouveau Radiohead est attendu pour Janvier 2011.

 

http://www.voir.ca/blogs/popculture_quebec/Arcade%20Fire.jpg

 

Et donc, ce "The Suburbs"? Eh bien, c'est un album de pop carré aux entournures, jamais désagréable, mais jamais surprenant. (En un sens, l'opposé parfait de celui dont je parlais dans l'article précédent). Je n'ai rien contre les petits albums de pop carrée et sympa, la preuve j'ai été voir Nada Surf en concert y a deux jours. Mais d'Arcade Fire, j'attendais un peu plus que du carré, et, surtout, ce qui me gène le plus: désincarné. A aucun moment la voix ne m'a vraiment embarqué, à aucun moment je n'ai retrouvé cette emphase qui me faisait frissonner sur le précédent, les quelques moments voulus de bravoure m'ont laissé de marbre (la fin de "Suburban War" par exemple, réussie, mais tellement prévisible que, ben en fait elle est ratée*…)

Vraiment, j'attendais plus de vous, oui, d'Arcade Fire, le groupe qui a forcé les Rock-Critics à ressortir le terme "Organique" de leurs tiroirs à clichés en 2005, j'attendais plus qu'un bon album de pop. J'attendais tout sauf l'album de la maturité, car c'était pour moi un groupe qui ne devait surtout pas mûrir… sous peine de pourrir.

 

The Suburbs? Banlieue dortoir, oui.

 

J'envisage même de passer cet album à ma très chère sœur. Ma sœur, sa collection d'albums de U2, sa sonnerie de portable Coldplay, sa tendance à apprécier les groupes avec laquelle je l'ai tannée pendant 5 ans (soit le temps des deux premiers albums) une fois que je les ai reniés (soit à partir du quatrième): Placebo, Muse, la liste est longue.

Je parie que "The Suburbs" lui plairait.

 

J'évoque Placebo, Muse, Coldplay, ce n'est pas anodin. Si je vous écris cette lettre, c'est surtout par égoïsme. Dans 3 ans, quand sortira votre quatrième album, que vous remplirez Bercy dans un concert sponsorisé par Virgin Radio, et que la majorité des gens que je connais chanteront vos louanges alors que je vous renierais définitivement, je veux avoir une trace écrite à leur montrer, pour leur prouver que non, ce n'est pas par snobisme que je vous ai renié une fois que vous avez commencé à vendre des disques par palettes. Non, c'est vraiment par goût, par amour contrarié pour votre musique que je me verrais obligé de prendre un chemin autre que le vôtre.

 

Malgré cela, c'est avec plaisir que je vous verrais sur scène à la fin du mois. Enfin j'espère. Prouvez-moi que j'ai tort, faites mentir le paragraphe précédent, embarquez moi avec vous, histoire que je ne passe pas une heure à espérer entendre enfin résonner la batterie de l'intro de "Rebellion (Lies)". Faites-moi mentir, je ne demande que ça.

 

Allez, je vous embrasse fort tous deux (surtout Régine) et vous dit à bientôt. Passez le Bonjour aux six autres.

 

Guic'.

 

 

 

 

 

 

* Je ne parle même pas de "Sprawl II (Mountains beyond Mountains)" qui m'a fait croire l'espace d'un instant que j'étais tombé sur un inédit de Rose Laurens.

 

A lire aussi: L'avis de Benjamin sur Playlist Society

Par Guic ' the old - Publié dans : Blank Page for a Dead Letter - Communauté : Le Monde du Rock - Ecrire un commentaire - Voir les 20 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés